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Essais routiers

Dodge Journey 2009

Pratique et innovant

Par Pascal Boissé

Le Dodge Journey est un nouveau produit qui vient combler les besoins de ceux qui conduisaient la version à empattement court de la Dodge Caravan, disparue l'an dernier. En effet, la célèbre fourgonnette produite par Chrysler était offerte en deux empattements différents depuis la fin des années 1980 : la version longue, comportant trois rangées de sièges, dont deux escamotables, ainsi qu'une version plus courte à deux rangées de sièges. Cette dernière, à défaut d'offrir le même degré de polyvalence que sa grande sœur plus spacieuse, était toujours vendue à bas prix. Le Journey vient donc se substituer à cette fourgonnette en proposant un style de carrosserie beaucoup plus près de celui d'un utilitaire (des portières arrière pivotantes et non plus coulissantes, notamment) tout en proposant une troisième rangée de sièges, en option.

Carrosserie

L'aspect très traditionnel du Journey semble bien éloigné du véhicule révolutionnaire que Dodge nous promettait. Ainsi, avec ce modèle, Dodge semble vouloir explorer les mêmes pâturages que plusieurs de ses rivaux, en créant une sorte de camion sur la base mécanique d'une simple berline - la Dodge Avenger en l'occurrence - tout en lui donnant de faux airs de robuste utilitaire. Comme le Mazda CX-9 ou le Hyundai Veracruz, il appartient à cette nouvelle catégorie de véhicules maladroitement baptisés « multisegments », ce qui n'est, en somme, qu'une pirouette de marketing pour décrire la remise au goût du jour de ce qu'on nommait jadis une voiture familiale. D'ailleurs, la carrosserie du Journey semble avoir été dessinée pour brouiller les pistes et pour plaire à ceux qui détestent les fourgonnettes. En combinant une verrière aux lignes profilées à un soubassement anguleux, puis en ajoutant une calandre extrovertie et des passages de roues bien affirmés, les designers de Dodge ont réussi un heureux compromis entre l'utilité et l'efficacité. Ainsi, même si le Journey rend globalement le même service que la fourgonnette qu'il remplace, il ne semblait pas pertinent de lui en donner l'aspect afin de garantir la réception plus favorable du produit sur le marché américain.

Habitacle

L'aménagement du Dodge Journey semble démontrer que des efforts sont faits, du côté de Chrysler, pour offrir des matériaux de meilleure qualité. Ce n'est pas encore parfait, mais c'est une nette amélioration par rapport à d'autres produits récents de ce constructeur. Un nouveau type de mousse a permis de fabriquer des sièges aussi confortables, mais plus minces, afin de gagner de précieux centimètres de dégagement pour les jambes des passagers. On a également pensé à incliner la surface du tableau de bord vers l'avant, ce qui contribue à créer une impression de volume. Derrière, la deuxième rangée est coulissante, et la troisième rangée peut recevoir deux adultes, ce qui est rare dans ce type de configuration (si, bien sûr, la deuxième rangée est avancée). Cette dernière rangée n'est offerte qu'en option, mais il n'est pas nécessaire d'opter pour les versions les plus équipées pour y avoir droit, ce qui fait du Journey le véhicule à sept places doté d'une boîte de vitesses automatique le moins cher sur le marché. L'accès aux places arrière est facilité par des portières qui s'ouvrent à 90 degrés. Par ailleurs, l'habitacle très polyvalent du Journey est truffé d'une quantité surprenante d'espaces de rangement pratiques avec, notamment, des caissons à même le plancher ainsi qu'une section réfrigérée dans la boîte à gants qui permet de garder au frais deux cannettes de format standard. De plus, tous les sièges, sauf celui du conducteur, sont rabattables pour permettre de transporter de gros objets. Mais le Journey est aussi un véhicule bien branché (sans jeu de mots) car, en plus de ses quatre prises de courant de 12 volts, il propose une prise de 115 volts/150 watts qui permet de faire fonctionner directement de petits appareils électroniques. Le Journey peut également être pourvu du système MyGIG qui prend en charge les fichiers multimédias pour le divertissement à bord, et du système UConnect pour une utilisation mains-libres de dispositifs Bluetooth, comme les téléphones cellulaires.

Mécanique

On regrettera, par ailleurs, que la motorisation de base, le 4-cylindres de 2,4 litres qui n'a jamais brillé par sa souplesse et son raffinement, ne dispose pas d'une boîte de vitesses décente et soit affublée d'une antiquité à 4 rapports. Avec un ou deux pignons de plus, on aurait évité de gâter le plaisir de conduire tout en améliorant le rendement et la consommation de carburant, déjà très raisonnable pour un véhicule qui peut transporter sept personnes. La version de base, dotée du moteur à 4 cylindres et de la traction, est stratégiquement positionnée pour affronter les minifourgonnettes que sont les Mazda5 et Kia Rondo. Pour ce qui est du V6 de 3,5 litres, il s'agit d'un moteur souple et puissant, jumelé à une boîte automatique à 6 rapports munie du système Auto/Stick qui permet de passer les rapports manuellement. À partir de la version SXT, on peut choisir la transmission intégrale, offerte en option. Quant à la version R/T, qui partage l'ensemble de son train roulant avec la SXT, on cherche un peu les performances que son appellation laisse supposer.

Comportement

L'apparition de ces véhicules multisegments n'est pas un hasard : ils séduisent ceux qui ont fini par se lasser des défauts des utilitaires sport, de leur consommation abusive de carburant, ainsi que de leur tenue de route erratique. Des automobilistes qui ne sont pas prêts, pour autant, à revenir s'asseoir au ras des pâquerettes, ni à sacrifier l'habitabilité que leur procurait un grand véhicule. Voilà, essentiellement, l'auditoire que cible le Dodge Journey. En offrant un comportement routier sain et rassurant, très proche de celui d'une berline avec, en plus, le bénéfice d'une position de conduite surélevée garante d'une bonne visibilité, le Dodge Journey est tout à fait dans la tendance. Les multisegments, pour la plupart, ont un défaut en commun : une piètre visibilité vers l'arrière. Pour remédier à ce problème, le Journey propose, en option, une caméra de recul. Ce dispositif devrait être standard et non pas facultatif.

Conclusion

Tant par son prix concurrentiel, son style dynamique et la polyvalence de son habitacle, le Dodge Journey saura adéquatement remplacer, et même faire o